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Le dollar américain se renforce dans deux cas : lorsque tout va mal et lorsque tout va bien. C’est ce que l’on appelle la théorie du « dollar smile ». Les situations intermédiaires ne lui conviennent pas. À cet égard, le conflit au Moyen-Orient a créé les conditions nécessaires à un rallye de l’indice USD. Cependant, aucun actif ne peut monter indéfiniment, et les réunions des banques centrales ont incité les investisseurs à réfléchir à cette réalité.
Il ne fait aucun doute que le dollar américain est le principal actif refuge. La hausse de la demande qui a suivi les frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran en est une preuve directe. Dans le même temps, le billet vert joue également le rôle de devise à rendement élevé. Le maintien de taux directeurs élevés par les banques centrales, emmenées par la Fed, et les signaux de nouvelles hausses créent un environnement favorable pour ce type d’actifs. Combinés à des facteurs positifs pour l’indice USD, tels que la hausse des prix du pétrole, il est facile de comprendre pourquoi l’indice USD progresse à mesure que le conflit au Moyen-Orient se développe.
Cependant, la progression haussière est rarement un long fleuve tranquille. Les déclarations de Donald Trump sur la fin imminente de la guerre en Iran et ses exigences pour que la Fed abaisse le taux des fonds fédéraux lors d’une réunion d’urgence poussent les vendeurs de l’EUR/USD à battre en retraite. L’euro s’apprécie, en partie grâce aux anticipations selon lesquelles la BCE confirmera les prévisions du marché d’une hausse du taux de dépôt d’ici juin. Toutefois, la fête risque de ne pas durer bien longtemps pour les partisans de la principale paire de devises.
Environ 1 100 pétroliers restent bloqués dans le détroit d’Ormuz, Téhéran réprime l’opposition à l’intérieur du pays et attaque les infrastructures énergétiques des pays du Golfe persique. Israël élimine les dirigeants de ses adversaires, tandis que les États-Unis menacent de déployer des troupes au sol. Il ne peut être question de désescalade du conflit. Après une légère retraite tactique, le dollar américain se prépare à reprendre l’offensive dans un contexte de hausse de la demande pour les actifs refuges et pour les devises des pays exportateurs nets d’énergie.
Dans ce contexte, quoi qu’il arrive lors de la réunion de la Fed en mars aura peu d’importance pour les perspectives à moyen terme de l’EUR/USD. Si la banque centrale indique, dans ses nouvelles prévisions, une seule mesure d’assouplissement monétaire en 2026 et que Jerome Powell insiste, lors de la conférence de presse, sur la nécessité de rester prudent en raison des événements au Moyen-Orient, le dollar américain continuera de se renforcer. À l’inverse, un discours accommodant de la Fed apporterait un soutien temporaire à l’euro et servirait de base pour le vendre contre le billet vert lors des mouvements de hausse.
Techniquement, sur le graphique quotidien, l’EUR/USD teste une résistance clé au niveau pivot de 1,154. Les probabilités d’une percée réussie et d’une consolidation au-dessus de ce seuil paraissent limitées. À l’inverse, un repli offrirait une opportunité de constituer des positions vendeuses sur l’euro face au dollar américain, dans l’optique d’un retour rapide à la tendance baissière.