empty
 
 
03.06.2026 12:39 AM
EUR/USD : indice ISM manufacturier, IPC de la zone euro et trading en range

Une image contradictoire se dessine simultanément sur les plans géopolitique et macroéconomique. Par exemple, l’ISM Manufacturing Index a soutenu le dollar, tandis que les données sur l’inflation de la zone euro publiées mardi ont renforcé l’euro. Dans un contexte d’incertitude persistante, les opérateurs sur la paire EUR/USD réagissent à ces publications à l’intérieur de la fourchette 1,1610–1,1670, où la paire évolue pour la troisième semaine consécutive.

This image is no longer relevant

Lundi, l’indice des directeurs d’achat (ISM Purchasing Managers' Index, PMI) pour le secteur manufacturier américain est passé dans la « zone verte », atteignant un plus haut de quatre ans. Au lieu de la hausse attendue à 53,3, l’indice a bondi à 54,0, son niveau le plus élevé depuis mai 2022. Il se maintient ainsi depuis cinq mois consécutifs en zone d’expansion, et les principaux sous-indices du rapport ont également soutenu le dollar américain.

Le principal moteur de cette progression a été le sous‑indice des nouvelles commandes, qui a atteint 56,8, en hausse de 2,7 points. Cela indique une demande intérieure solide. Parmi les six plus grands secteurs industriels, quatre ont signalé une croissance nette (produits informatiques et électroniques, chimie, matériel de transport et machines). La demande à l’exportation est également repassée en zone d’expansion, à 50,6. Dans ce contexte, le sous‑indice de la production est monté à 54,3.

Le sous‑indice des prix a connu une légère correction après son envolée d’avril à 84,6. En mai, cet indicateur est retombé à 82,1. D’un côté, les prix demeurent extrêmement élevés : les entreprises manufacturières doivent fonctionner dans un contexte de hausse des coûts des matières premières et de la logistique (plus de la moitié des participants à l’enquête ont cité la forte volatilité des prix comme principal problème pour leur activité). De l’autre, la tendance baissière du sous‑indice signale que le rythme de la hausse des prix ralentit effectivement.

Le sous‑indice de l’emploi reste en zone de contraction, à 48,6. Toutefois, un motif d’optimisme apparaît : en mai, ce chiffre s’est nettement amélioré, avec une progression de 2,2 points. Cela laisse penser que le secteur industriel réduit désormais ses effectifs à un rythme plus lent.

Le sous‑indice des délais de livraison des fournisseurs (Supplier Deliveries) se maintient également à un niveau élevé, à 60,6 ; il mesure la rapidité avec laquelle les matières premières et les approvisionnements sont livrés par les fournisseurs aux fabricants. Il convient cependant de préciser que cet indicateur se lit à l’inverse : une valeur aussi élevée témoigne donc de la poursuite du ralentissement des livraisons. Le signal est mitigé : d’un côté, il reflète une forte demande dans le secteur manufacturier, de l’autre, il met en évidence la persistance de problèmes dans les chaînes d’approvisionnement.

Dans l’ensemble, le rapport ISM de mai suggère que le secteur manufacturier américain traverse une phase de reprise durable, bien que heurtée : la demande et la production augmentent, les pressions inflationnistes persistent et le marché du travail reste relativement faible.

En réaction à cette publication, la paire EUR/USD a atteint un creux local lundi, tombant à 1,1607. Cependant, les vendeurs n’ont pas réussi à prolonger leur succès et la séance s’est achevée au milieu de la fourchette de « travail », à 1,1633.

De plus, mardi, les acheteurs d’EUR/USD ont repris la main après la publication des données sur l’inflation en zone euro. L’indice général des prix à la consommation a montré une tendance haussière pour le quatrième mois consécutif, atteignant 3,2 % en mai (son plus haut niveau depuis novembre 2023). L’indice des prix à la consommation hors énergie et alimentation (core CPI) a accéléré plus que prévu, pour s’établir à 2,5 % (contre une prévision de 2,4 %). Il s’agit de son rythme de croissance le plus soutenu depuis avril de l’année dernière.

La hausse de l’inflation sous‑jacente constitue un signal particulièrement préoccupant pour la Banque centrale européenne. Elle indique que les pressions sur les prix se diffusent plus largement et ne se limitent plus au seul secteur de l’énergie. Ces pressions se sont ancrées dans les structures de consommation via des effets secondaires : la hausse des coûts logistiques est répercutée sur les biens industriels finis et les services. L’accélération de l’inflation dans le secteur des services (à 3,5 %) est particulièrement inquiétante, car cette composante reflète les tensions internes sur les prix et la dynamique salariale.

Globalement, les résultats de mai laissent peu de marge à « l’aile accommodante » de la BCE pour plaider en faveur d’une position plus souple (surtout au vu du retournement haussier de la composante sous‑jacente). Certains analystes (notamment chez JP Morgan) estiment déjà que la publication de mardi garantit pratiquement une hausse de 25 points de base du taux directeur de la BCE lors de sa réunion de la semaine prochaine.

Dans ce contexte, la paire EUR/USD a légèrement progressé mais reste confinée dans la fourchette 1,1610–1,1670. Dans les circonstances actuelles, la paire devrait continuer à tester les limites de cet intervalle, quel que soit le poids des données macroéconomiques publiées. Les traders attendent l’issue des négociations entre les États‑Unis et l’Iran et hésitent à prendre de grosses positions (en faveur du dollar ou contre lui) dans un climat d’incertitude persistante sur les perspectives du processus diplomatique. D’un côté, Téhéran a annoncé la suspension du dialogue, invoquant l’intensification de l’opération militaire israélienne au Liban. De l’autre, Trump a déclaré avoir convaincu Netanyahu de renoncer à des plans d’attaque contre les banlieues sud de Beyrouth. Selon le président américain, un mémorandum d’accord entre Washington et Téhéran pourrait être signé dès la semaine prochaine. D’après l’agence Mehr, l’Iran étudie toujours le projet d’accord avec les États‑Unis.

Ainsi, le suspense demeure, ce qui rend judicieuse la mise en œuvre d’une stratégie de trading en range : ouvrir des positions vendeuses lorsque le cours s’approche de la borne supérieure de la fourchette (1,1670) et des positions acheteuses lorsqu’il se replie vers la borne inférieure (1,1610).

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

Recommended Stories

Can't speak right now?
Ask your question in the chat.