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Les marchés sont tellement las de la géopolitique qu’ils ne réagissent qu’à contrecœur aux mauvaises nouvelles, tout en achetant avec enthousiasme les bonnes nouvelles. Lorsque Israel et le Hezbollah ont annoncé un cessez-le-feu, l’EUR/USD s’est envolé dans l’anticipation d’une désescalade du conflit au Moyen-Orient. En revanche, la déclaration antérieure de l’Iran sur l’absence de progrès dans les négociations avec les États-Unis n’a pas alimenté de rallye sur l’indice USD. L’euro a désespérément besoin de nouvelles positives, mais elles ne sont toujours pas en vue.
Selon les prévisions consensuelles des experts de Reuters, l’EUR/USD devrait monter à 1,18 dans un mois, à 1,19 dans trois mois et à 1,20 dans un an. Cette évaluation repose sur l’idée qu’un règlement rapide du conflit au Moyen-Orient priverait le dollar américain de sa demande de valeur refuge. Dans le même temps, Donald Trump pourrait déplacer son attention des problèmes extérieurs vers les problèmes intérieurs. En fin de compte, la Réserve fédérale fera ce que souhaite le président des États-Unis : abaisser le taux des fonds fédéraux.
À cet égard, la prochaine réunion du FOMC en juin, sous la direction de Kevin Warsh, pourrait s’avérer décisive. Morgan Stanley estime qu’un changement de vision du monde au sein de la Fed jettera les bases d’une tendance baissière durable de l’indice USD.
Cependant, la Fed n’est pas un théâtre à un seul acteur. L’incertitude entourant le conflit au Moyen-Orient, la stabilisation du marché du travail américain et l’accélération de l’inflation imposent la nécessité de maintenir, voire de relever, le taux des fonds fédéraux. À l’inverse, il est peu probable que la Banque centrale européenne durcisse sa politique monétaire autant que ce que prévoient les marchés à terme.
Parallèlement, l’euro aura du mal à se redresser face au rétrécissement de l’écart de croissance économique. Les prévisions haussières pour l’EUR/USD au début de l’année 2026 tenaient compte de ce facteur. Toutefois, l’OCDE anticipe une croissance du PIB américain de 2 % en 2026 et de 1,8 % en 2027. En comparaison, les chiffres correspondants pour l’économie européenne sont de 0,8 % et 1,2 %. Autrement dit, l’écart ne se réduira réellement qu’à partir de l’année prochaine. Ce n’est qu’alors que l’on pourra parler d’un rallye de la paire de devises principale vers 1,25 et au‑delà. Pour l’instant, cela semble prématuré.
La paire EUR/USD se heurte clairement à un plafond. L’optimisme est alimenté par les déclarations de Trump au sujet d’un accord avec l’Iran, ainsi que par Warsh, qui est prêt à faire du rêve du président américain de baisser le taux des federal funds une réalité. Toutefois, pour que cela se produise, le nouveau président de la Fed devra déployer de gros efforts. Dans de telles conditions, la paire de devises majeure est vouée à une consolidation à moyen terme.
Sur le plan technique, le graphique quotidien de l’EUR/USD montre une consolidation dans la zone de juste valeur comprise entre 1,1585 et 1,1730. Une cassure au-dessus de la résistance à 1,1645 augmentera le risque d’un rallye vers la borne supérieure de cette zone et donnera un signal d’achat de l’euro contre le dollar américain. À l’inverse, un repli depuis la juste valeur témoignera de la force des vendeurs et fournira des arguments en faveur de ventes sur la paire de devises majeure.